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26/10/2017

18 octobre 2017 : Conférence de Marcelle Tozzi Frechou sur « Don Quichotte »

marcelletozzi.JPGTout le monde croît connaître Don Quichotte, image d'un long et maigre chevalier, qui combat les moulins à vent, flanqué de son petit et gros valet, Sancho Pancha. Le nom de la femme de ses rêves, Dulciné fait partie de notre vocabulaire... Pourquoi une telle notoriété pour le héros d'un roman publié en deux fois, en 1605 et 1615 ? Est-ce dû à l'époque où se déroule le roman, à la personnalité de Cervantès, son auteur, à ce que raconte le roman ou à son genre littéraire  ? C'est ce que Marcelle Tozzi a expliqué à un public nombreux et captivé, venu au CEC le 18 octobre.

L'époque est, en effet, remarquable. Cervantès est contemporain de Shakespeare et de Ronsard. Il l'est aussi de Velasquez. L'or venant d'Amérique coule à flot. Mais, l'empire constitué par Charles Quint se désagrège et le protestantisme se développe en Europe. Cervantès mène une vie aventureuse. Il participe à la bataille de Lépante contre les turcs. Il est, ensuite, capturé par les pirates barbaresques et passe cinq ans en esclavage. Il travaille pour l'armée, nommé commissaire aux vivres, il est accusé d'exactions. Il commence à écrire à 33 ans, mais son succès littéraire est tardif, 11 ans seulement avant qu'il meurt à 69 ans.

Considéré comme un (le) chef d’œuvre de la littérature espagnole, Don Quichotte rencontre d'emblée le succès. On le lit en public, comme une succession de farces. Toutefois, pour la conférencière, c'est un malentendu. Cervantès a voulu écrire quelque chose qui fasse rire, afin ddon quichotte.JPGe «  ruiner le crédit et l'autorité qu'ont dans le monde et parmi le vulgaire les romans de chevalerie ». Mais, on peut y voir aussi une satire comme une confrontation entre rêve et réalité, ou  bien encore la description d'un certain type de délire.

Don Quichotte fou? Hidalgo, c'est-à-dire, chevalier pauvre, le héros de Cervantès cherche à s'élever dans la hiérarchie de la chevalerie en imitant les comportements décrits dans les romans chevaleresques, avec peu de moyens. Il se fait adouber par un aubergiste. Sa dulcinée n'est qu'une pauvre paysanne qu'il ne verra d'ailleurs jamais... Il apparaît comme fou, car confondant la réalité et son rêve, dans la poursuite d'un idéal chevaleresque dépassé. Cependant, cette folie ne s'exprime que dans l'imitation du comportement des chevaliers. Pour le reste, il sait faire preuve de bon sens.

Cervantès fonde un nouveau genre romanesque, qualifié de baroque. Le roman « Don Quichotte », est considéré comme une transition vers le roman moderne. Son style et sa forme sont extrêmement variés. Le roman contient de nombreuses aventures, qui offrent au lecteur plusieurs attitudes possibles, rire ou colère face à la confrontation d'un monde imaginaire avec la réalité, des bons sentiments avec la nécessité pratique ou l'ingratitude des hommes.

A lire ou à relire donc, mais de préférence dans une traduction nous facilitant la tâche1.


Don_Quixote_(1955)_by_Pablo_Picasso.jpg

1Don Quichotte par Aline Schulman, Points Seuil, 1997.

16/09/2017

Conférence de Jean-Louis ESCUDIER, jeudi 21 septembre 2017 : "De l'oenologie à la viticulture , tradition et innovation"

La recherche scientifique en appui à la viticulture à Gruissan

Pour sa première conférence de la saison 2017-2018 du CEC, sa présidente Hélène Filhol a invité Jean-Louis Escudier, ancien directeur de recherche à l'INRA Pech Rouge à donner une conférence intitulée de « l'oenologie à la viticulture », titre d'un livre* qu'il a écrit récemment en collaboration avec Alain Carbonneau. Devant un public nombreux, le conférencier a présenté les défis à relever par la viticulture et les appuis apportés par la recherche à ce secteur pour ce faire.oenologie.jpg

Premier défi, le réchauffement climatique dont les effets pour la vigne sont déjà perceptibles : manque d'eau, hausse moyenne des températures. On vendange de plus en plus tôt. La vigne souffre de la sécheresse et cela ne fait pas forcément du bon vin. Les vignerons souhaitent irriguer leurs vignes. Mais où prendre l'eau ? Gruissan ne pouvant accéder à l'eau du canal du bas-Rhône, plusieurs solutions sont étudiées, comme la création de retenues collinaires, l’utilisation de l’eau des canaux ou l'utilisation des eaux usées traitées. Un projet de recherche collaboratif IrriAlt’eau, associant l'INRA , la cave coopérative de Gruissan, Grand Narbonne et Véolia a permis de mettre au point l'utilisation des eaux usées et d'en évaluer les effets positifs sur le vin.

Deuxième défi, il faut réduire de moitié l'emploi des pesticides. Activité plusieurs fois millénaires, la viticulture dispose d'une biodiversité de 8000 variétés de vignes dont certaines résistent naturellement aux maladies, mais celles-ci sont peu utilisées. 20 variétés seulement de vigne assurent 87% de la production.Les scientifiques de l'INRA mènent activement des recherches pour améliorer leur résistance au mildiou et à l’oïdium. Il s'agit de programme de création variétale, par croisement d'espèces, pas question ici d'OGM.

L'adaptation de la vigne n'est pas qu'une question environnementale. Troisième défi, elle doit répondre aux exigences de qualité demandées par le marché, notamment en diminuant le degré d'alcool, dans un contexte de marché international. Là encore, les progrès scientifiques viennent au secours de la viticulture. L'INRA a ainsi contribué à l'amélioration des arômes en menant de nombreuses recherches sur les levures et par la technologie à la reduction du degré d’alcool des vins.

La viticulture a déjà connu de nombreuses adaptations, tout restant attaché au terroir et à au savoir-faire. On ne fabrique pas du vin, on l’élabore puis on l'élève ! De nombreuses évolutions technologiques ont changé les méthodes de vinification, mais faire un grand cru reste du domaine de l'art. La voie de l'adaptation peut être étroite, car il faut satisfaire aux critères imposés par les appellations et indications d'origine (AOP et IGP), concernant les pratiques culturales et les qualités gustatives.

Pour le conférencier, la vrai difficulté d'adaptation tient aussi à la lenteur du renouvellement des plants de vigne, un cep étant productif pendant au moins 40 ans et seuls quelques pour cents de plants sont renouvelés par an en conséquence.

Pour conclure, Jean-Louis Escudier a invité l'assistance à goûter des vins issus de cépages résistants aux maladies élevés sur le site de Pech Rouge, ainsi qu'un excellent du jus de raisin, issu d'un raisin naturellement peu sucré.

*Ce livre est édité aux editions QUAE, et peut être commandé directement à l'éditeur : lien qui donne le sommaire   De l'œnologie à la viticulture,  il est aussi vendu par quelques libraires à Narbonne, en particulier la librairie Libellis à Narbonne, en dispose.



10/06/2017

A bord de ma péniche ….avec le CEC

Ils étaient dix, douze, quinze mais par un prompt renfort ils se virent ..23 en arrivant au port de Béziers. Levés tôt pour ne pas manquer le minibus prêté au CEC (cercle d’études citoyennes ) par la Mairie de Gruissan, les autres en voiture particulière, tout ce groupe s’acheminait bien décidé à passer une bonne journée malgré un temps incertain. Et ce fut une belle journée ! Embarquement au port neuf. Un groupe de Savoyards vint CEC croisiere2.JPGcompléter la péniche et à 9 h 30 départ ! Franchissement de la première écluse, eau bouillonnante, photos, explications, évocation de Pierre-Paul Riquet à qui nous devons cette œuvre et qui réalisa un vieux rêve incroyable pour l’époque : permettre la communication du golfe de Gascogne au Golfe du Lion : le canal du Midi . Certes l’idée n’était pas nouvelle mais personne avant lui n’avait osé s’y atteler parce qu’ils n’y croyaient pas, que l’entreprise était risquée et onéreuse. Il fallait un Louis XIV grandiose et un Colbert futuriste pour tenter cet exploit.         

CEC croisiere1.JPG

 Plus de 300 ouvrages parsèment son parcours bassins, ponts, tunnels épanchoirs, ponts-canaux, écluses simples doubles et celles gigantesques de Fonsérannes qui permettent une dénivellation de21,50 m . Une autre construction plus récente , une pente d’eau aurait pu remplacer ces huit écluses mais son fonctionnement trop onéreux n’a pas permis une utilisation rationnelle .

Et en prime les bords du canal qui gardent encore quelques vieux platanes, des villages, des vignes.

Tout cela commenté au passage par une voix féminine au véritable accent de chez nous. Ah les Savoyards avez-vous apprécié ces commentaires à l ‘accent chantant ?

Pierre-Paul Riquet n’a pas vu la fin de son ouvrage, il y a laissé sa fortune mais 3 siècles après la région s’enorgueillit de son œuvre( classée au patrimoine de l’Unesco) entreprise pour faciliter le commerce mais qui fait maintenant le bonheur des touristes épris de sérénité.

Après la safranière, le vieux village, le moulin à huile, les fouilles de l’île St Martin, il reste encore des merveilles à visiter près de chez nous . Rendez-vous à la rentrée. Place aux vacanciers